Frise chronologique
1900-1901
Construction de l’immeuble
Construction de l’immeuble
1900-1901 (≈ 1901)
Réalisé par Henri Gutton et Frédéric Schertzer.
février 1902
Incendie des combles
Incendie des combles
février 1902 (≈ 1902)
Dégâts majeurs dans la partie supérieure.
1973
Menace de destruction
Menace de destruction
1973 (≈ 1973)
Sauvé puis restauré en 1975.
16 août 1976
Protection monument historique
Protection monument historique
16 août 1976 (≈ 1976)
Inscription des façades et toitures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Jules Génin - Commanditaire |
Marchand de grains, propriétaire initial. |
| Camille Louis - Commanditaire |
Épouse de Jules Génin, co-propriétaire. |
| Henri Gutton - Ingénieur polytechnicien |
Concepteur principal de l’immeuble. |
| Frédéric Schertzer - Ingénieur constructeur |
Réalisateur du gros œuvre métallique. |
| Alexandre Bigot - Céramiste |
Auteur des éléments en céramique. |
| Jacques Grüber - Verrier-décorateur |
Créateur des verrières *Les Glycines*. |
Origine et histoire
L’immeuble Génin-Louis, situé à l’angle des rues Saint-Jean et Bénit à Nancy, est le premier bâtiment à ossature métallique apparente partiellement dédié à l’habitation. Commandé par Jules Génin et son épouse Camille Louis, marchands de grains, il fut conçu entre 1900 et 1901 par l’ingénieur polytechnicien Henri Gutton, assisté de son neveu Henry Gutton. La structure en acier riveté, fournie par l’entreprise Fould Dupont de Pompey, fut montée par Frédéric Schertzer, tandis que les éléments décoratifs en céramique furent réalisés par Alexandre Bigot et les verrières par Jacques Grüber. Cet édifice incarne la synthèse entre fonctionnalité industrielle et esthétique Art Nouveau, caractéristique de l’École de Nancy.
L’immeuble connut un incendie en février 1902 détruisant ses combles, puis fut menacé de destruction en 1973 avant d’être restauré en 1975. Ses façades et toitures, incluant l’oriel décoré de motifs végétaux rappelant l’activité commerciale (fleurs et capsules de pavots en fer forgé), furent protégées au titre des monuments historiques par arrêté du 16 août 1976. La structure métallique, visible et audacieuse pour l’époque, suscita des critiques mais resta sans équivalent, illustrant l’innovation technique et artistique de la période.
Représentatif du courant rationaliste inspiré par Viollet-le-Duc, l’immeuble Génin-Louis se distingue par sa collaboration inédite entre architectes et ingénieurs à Nancy. Les trois niveaux supérieurs, dédiés à des logements, reposent sur une charpente en bois supportée par l’ossature métallique. La décoration, concentrée sur l’oriel et les baies inférieures, harmonise structure et ornements, incarnant l’idéal de l’École de Nancy : unir forme et fonction. Cette réalisation, à la fois utilitaire et artistique, marque un tournant dans l’architecture nancéienne du début du XXe siècle.